30 Août : « Un Ange est mort... ». Ainsi commençait, au soir du 30 Août 85, José Luis Carabias, dans des plus tristes reportages de sa carrière. Le destin avait arrêté, ce jour-là, vers 20h45, sur le sable d'une arène où il ne devait pas toréer, initialement, la trop courte histoire d'un jeune homme, et d'un grand torero : José Cubero « El Yiyo ». Le destin. L'heure inscrite, dans le « grand livre », là-haut. Il n'y a rien à faire.
Accompagnant Antonete et Jose Luis Palomar, le Yiyo est appelé pour remplacer Curro Romero, tombé du cartel. Les toros sont de Marcos Nunez et José va monter un faenon à « Burlero », sixième de la tarde. A l'heure de l'épée, un premier pinchazo. Le destin frappa à la deuxième estocade, entière, définitive, mais dont le torero sortit bousculé, roulant au sol sur lui-même. Emporté par sa charge, le toro fit un demi cercle et revint sur sa victime. Devant lui, deux hommes, deux peones, deux capotes qui essaient de le détourner. Le destin ! Quel capote suivre ? Il n'y en aurait eu qu'un, peut-être... Mais, le destin ! Le toro hésite, à droite, à gauche, puis échappe au deux capes, trouve le corps du torero, donne la cornada... Le destin ! La corne pénètre là où la chaquetilla ne protège pas. La corne lève le torero, et le met debout. En haut de cette terrible trajectoire, le corps a un soubresaut, un spasme. Le destin ! La corne a pénétré le c½ur du Yiyo, et l'a déchiré sur huit centimètres. Les yeux « quittent la vie », et en s'écroulant au sol, le Yiyo est déjà mort...
Telle est l'histoire d'un jeune homme qui avait décidé d'entrer dans une profession de poussière et de gloire. Il avait 21 ans. Il « partait », comme on dit, pour devenir « una gran Figura del Toreo ». Aujourd'hui, espérons-le, on se souviendra de lui, dans les plazas. Certains pleureront.
Je rend hommage à ce grand torero,mort en piste,un héros...Cela fait vingt-ans aujourd'hui qu'il nous a quitté,El Yiyo je te rend hommage et je te dis merci pour ce que tu as fait vivre aux aficionados...